Auverland : un spécialiste français du tout-terrain « pur et dur »Chassis Orange

« UN VÉHICULE POUR TRIMER ET PAS POUR FRIMER »

Dans le domaine du 4X4, connaisseurs et snobs ne jurent que par le Japon (Toyota, Mitsu, Nissan). Mais en France aussi, on sait y faire. Aux côtés de Dangel, spécialiste des transformations 4X4 sur base Peugeot, on trouve le constructeur Auverland, installé dans la Loire, à Saint Germain Laval, entre Saint Étienne et Clermont Ferrand, -les Monts du Forez sont parmi les hauts-lieux de la pratique du TT en France.

 

Une motorisation Peugeot

À l’origine, Auverland est la société qui a repris la production en France du fameux 4X4 Cournil. Né du talent d’un ingénieux mécanicien, le Cournil a connu des fortunes diverses, avant de voir sa licence cédée au Portugal. Cette activité sera développée par la société UMM. Parallèlement, en France, le repreneur de Cournil modernise dès 1984 son modèle fétiche et le baptise Auverland A2. Mais le concept de base reste le même : un châssis en échelle, une carrosserie en tôle d’acier, au dessin très basique, des essieux rigides et une motorisation Peugeot Indénor.
Rapidement, Auverland va se consacrer au développement de ce qui deviendra son modèle fétiche : la petit 4X4 A3. Celui-ci bénéficie d’une conception plus moderne que son aîné. Conçu pour un usage réellement tout-terrain, c’est un véhicule compact, léger, aux très grands débattements de suspension (ressorts hélicoïdaux), et disposant d’une transmission réellement adaptée à un usage hors goudron (différentiel à glissement limité sur le pont arrière, en série).
Sa première version est à empattement court (2,25 mètres de long, pour un gabarit hors tout de 3,85 mètres de long). Le cœur du A3 est sa boîte de transfert A80, conçue par Auverland avec la coopération d’entreprises telles que Pont-à-Mousson. Côté motorisations, le A3 est animé par l’incontournable Diesel XUD 9, monté sur une pléthore d’automobiles du groupe PSA-Peugeot-Citroën. Le A3 est officiellement commercialisé dès 1988 et rencontre rapidement le succès auprès des administrations et des marchés militaires.
En 1989, Auverland rachète Sovamag, société spécialisée dans les véhicules militaires. Sovamag se consacre d’ailleurs davantage aux véhicules lourds (la gamme va jusqu’à 6 tonnes de Ptac). Mais cela va accentuer sa dépendance vis-à-vis de ces marchés. Du même coup, la reprise de la gamme Sovamag sonne l’arrêt de mort des dérivés du Cournil, qui se situent sur la même gamme de tonnage.

Créer un outil de travail
En 1990, Auverland vend la licence du A3 au Brésil. Peu après, de nouveaux moteurs compléteront la gamme, tous d’origine PSA-Peugeot-Citroën. Une version uniquement 4X2 du A3 sera même proposée un temps, dans les années 90, afin d’offrir aux marchés civils une version économique du modèle. Cette tentative de diversification sera un échec. Dès lors, les dirigeants d’Auverland s’appliqueront à valoriser leur savoir-faire dans le domaine du tout-terrain. Les variantes du A3 vont se multiplier, avec toutes un dénominateur commun : créer un véhicule qui soit un authentique « outil de travail ». C’est clair, l’acheteur d’un Auverland ne se recrute pas sur les grands boulevards parisiens, mais plutôt en zone rurale ou en montagne.
Suivant cette logique, une version longue voit le jour en 1995 : l’Auverland A4 est directement issu du A3, mais son châssis est différent. Il dispose de 4 portes, est long de 4,46 mètres et repose sur un empattement de 2,65 mètres.
En 1996, la firme forézienne installe le moteur XUD 9 TF sous le petit A3 et dans ses dérivés. Cela donne des ailes au véhicule, surtout en charge ou en altitude. Ces versions suralimentées se reconnaissent à leur entrée d’air carrée sur le capot moteur. Du même coup, les greffes de moteurs turbo diesel de 605 prennent fin, le « petit » XUD suralimenté faisant presque aussi bien, voire mieux à bas régime que son grand frère de 2,1 litres.
En 1999 apparaît une version longue du A3 : le A3 SL. Sur un empattement long (plus long que celui du A4), le modèle offre le choix entre un pick-up et un pick-up double cabine. De nombreux dérivés à usage professionnel verront ensuite le jour à partir de cette base.

En 1989, création d’un réseau de vente
Fin 1989, les dirigeants tentent d’éveiller l’intérêt du public pour leur production. Cela se traduit par la constitution d’un réseau de vente et d’après-vente. Parmi les dépositaires du panonceau Auverland, on trouve, à Aurillac, les établissements Cournil. Un juste retour des choses, même si la gamme actuelle n’a plus rien à voir avec le modèle d’origine.

Malheureusement, la dépendance vis-à-vis des commandes militaires demeure toujours très forte et cela conduira Auverland à la faillite, au premier trimestre 2001. Une importante commande d’une armée étrangère n’ayant pu être confirmée pour des raisons politiques, la firme s’est retrouvée à court de liquidités. Heureusement, à la fin du premier semestre 2001, la marque Auverland reprend sa production. La Société nouvelle des automobiles Auverland est toujours établie à Saint-Germain-Laval, dans la Loire, et dispose en outre d’une filiale commerciale chargée de la commercialisation auprès des marchés de particuliers, la Solyvim, basée à Saint-Genis-Laval, dans le Rhône, près de Lyon. Une heureuse nouvelle annonce un avenir prometteur : de nouvelles motorisations, toujours d’origine PSA-Peugeot-Citroën, sont prévues.

Ces nouveaux moteurs viendront renforcer l’intérêt du public pour le A3. Et, surtout, ils pourraient bien conforter l' »invincibilité » d’Auverland dans les championnats de Trial 4X4. En effet, la marque dispose, depuis 1989, d’un palmarès prestigieux dans cette discipline : dix titres consécutifs en championnat de France, « série améliorée », entre 1989 et 1998 ; trois titres de champion de France « toutes catégories », entre 1995 et 1998 ; deux titres de champion d’Europe en 1994 et 1998. La plupart de ces performances sont due au pilote Jean-Pierre Marin.

Auverland, dont la dénomination officielle est aujourd’hui Panhard général défense, est un constructeur de véhicules militaires protégés et tout-terrain dirigé par Christian Mons.
Avec la production de son petit véhicule protégé, « PVP », ou encore A4VL pour l’armée française, Auverland a renoué avec le succès et le groupe PSA a vendu la société SCMPL Panhard en janvier 2005 à Auverland.

La société Auverland est détenue pour 76 % par la famille Cohen, 10 % par Christian Mons, 7 % par Pierre Dalmas et 7% par la famille Servanin.

En 2005, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros et avait un effectif de 300 salariés (cumul des entités SCMPL et SNAA).

Depuis le 30 décembre 2005, la société a pris la dénomination de « Panhard général défense » et table sur un chiffre d’affaires de plus de 95 millions d’euros pour 2006 et 120 millions sur 2007. Malgré sa taille modeste en regard des principaux acteurs de l’industrie militaire, elle se place tout de même comme le leader européen des engins blindés à roues de moins de 10 tonnes, avec la gamme de véhicules la plus étoffée du marché.

Dadou17 le Lun 10 Mar – 22:21